Après quelques mois d’inactivité sur le blog, pour cause de nombreux projets en vue (mais aussi une certaine fainéantise, je dois l’avouer :-P) me revoilà pour vous faire part de l’expérience que j’ai eu la chance de vivre cette année: une année ERASMUS à Zagreb.

J’ai fait mon master 1 à la faculté d’économie de Zagreb (EFZG: Ekonomski Fakultet Zagreb), dans le programme BDIB (Bachelor Degree in Business) mais j’ai aussi suivi quelques cours de leur master (Master Study Managerial Informatics). Tous les cours étaient enseignés en anglais, et non en croate.

Pour commencer, que signifie « ERASMUS » ? 

Erasmus (European Action Scheme for the Mobility of University Students) est le nom donné au programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités et les grandes écoles européennes. Ce programme fait partie de l’Espace européen de l’enseignement supérieur. Le nom du programme vient du moine humaniste et théologien néerlandais Érasme (1469-1536).

Source: wikipedia.fr

→ Pour faire simple, c’est une opportunité offerte par de nombreuses universités (et écoles) françaises aux étudiants qui veulent aller un semestre, voire une année complète, étudier dans un autre pays européen.

Pourquoi avoir choisi Zagreb ? 

Pour de nombreuses raisons dont les principales sont:

  1. Je suis originaire des Balkans, et parle le serbo-croate très couramment —> Merci Papa et Maman !
  2. La majorité de ma famille est dispersée un peu partout dans les pays d’Ex-Yougoslavie, principalement en Bosnie et en Serbie. Étudier en Croatie m’a donné l’opportunité d’aller les voir plus souvent.
  3. Simplement l’envie de découvrir et de vivre dans un pays où l’on parle ma langue maternelle. J’en n’ai jamais eu l’occasion auparavant.

Bien entendu, faire un échange universitaire dans un pays étranger quel qu’il soit et plus généralement, voyager, est certainement ce qu’il y a de plus enrichissant intellectuellement à faire dans ce monde. Autant le faire étant jeune, avec peu de contraintes.

Quelques généralités sur la Croatie, et la ville de Zagreb…

La Croatie est un petit pays d’un peu plus de quatre millions d’habitants, connu pour sa magnifique côte adriatique. Le pays est entré dans l’Union Européenne en juillet 2013, ce qui est très récent. Leur unité monétaire est la Kuna (depuis 1994), et le taux de change actuel est de: 1€ = 7,65 HRK. Je vous laisse imaginer le nombre de calculs dès qu’on va acheter quelque chose… au début, après quelque temps, on s’y fait.

Zagreb est la capitale, située au nord du pays à l’intérieur des terres comptant environ un million d’habitants. On peut séparer la ville en trois parties:

  • La Ville Haute (ou Gornji Grad): zone la plus ancienne de la ville,
  • La Ville Basse (ou Donji Grad): construite au XIX ème siècle, le style romantique est le plus présent au niveau des monuments, avec une inspiration viennoise clairement présente,
  • Le Nouveau Zagreb (ou Novi Zagreb): construite après 1945, c’est la partie la plus urbanisée, mais aussi la moins jolie de la ville.

Carte_croatie

Impressions ?

Une belle expérience ! Bien entendu, certains aspects étaient plus intéressants que d’autres, mais globalement, ça a été une expérience très enrichissante en tout point de vue.

Au sein de mon université j’ai été le seul à choisir cette destination, donc, une fois arrivé sur place, c’est simple, je ne connaissais personne. Ça n’a pas duré, dès les premiers jours, des liens se sont créés: d’abord à la faculté d’économie, puis beaucoup plus en dehors.

Parler croate a clairement été un atout, j’ai évité certaines difficultés rencontrées par d’autres étudiants en échange. Par exemple, choisir le menu au restaurant universitaire où les serveuses ne savent parler qu’en croate. (petit clin d’oeil aux camarades qui lisent l’article et qui savent très bien de quoi je parle :D).

Pour ceux qui sont intéressé, j’ai spécialement créé un site web pour les francophones qui souhaitent apprendre le croate  il se nomme SerbeCroate.com. Il y a de nombreux articles et des vidéos, sur une vaste panoplie de thèmes différents. N’hésite pas à aller y jeter un oeil, et à suivre quelques leçons, ce sera grandement bénéfique si tu envisages de faire un échange en Croatie !

Devenir ami avec des locaux a été plus simple tout comme m’immerger dans leur culture de façon beaucoup plus accentuée. Opportunité que la majorité de mes camarades en échange n’ont pas eu la chance d’avoir.

Mais, n’ayez crainte, si vous envisagez aussi de passer quelques mois en Croatie, vous n’avez pas besoin de parler la langue pour y vivre dans de bonnes conditions et vous faire des amis. La majorité des jeunes savent parler anglais, nombreux sont ceux qui savent aussi parler allemand et italien, néanmoins, la connaissance du français reste exceptionnelle.

Vous pouvez même rester qu’entre étudiants ERASMUS, comme sont nombreux à le faire. Mais bon, effectuer un long séjour dans le pays et ne pas chercher à s’y intégrer un minimum, je trouve ça vraiment dommage.

Un aspect très intéressant que j’ai pu observé et comparer avec la Serbie, c’est l’attrait du gouvernement croate et de la population en général vers l’occident, ou pour simplifier les États-Unis. Tandis que leurs voisins serbes, sont clairement pro-russe: on peut le remarquer un peu partout, avec des journaux qui parlent beaucoup de l’actualité russe, la possibilité d’acheter des figurines du président Poutine voir du drapeau russe un peu partout.

Pour finir, j’évoquerais la présence marquée de la religion au sein du peuple croate. En grande majorité ils sont chrétiens catholiques, et pratiquants. Nombreuses sont les familles qui, avant le repas, se lèvent et récitent une prière. Il n’est pas rare aussi, d’appeler un ami le dimanche, et se retrouver sur son répondeur, car il est à la messe.

Ce que j’ai aimé …

La nourriture ! Burek, ćevapi, les gâteaux, pâtisseries et autres spécialités des Balkans, qui sont extrêmement grasses, mais tellement bonnes. Ma balance et mon taux de masse grasse le savent très bien…

→La mentalité: les croates sont généralement accueillants et à l’écoute. Si vous avez besoin d’aide à l’université, dans la rue, ou dans un bar, vous trouverez toujours quelqu’un qui répondra présent, et avec sourire. Ils sont aussi très « cool », que ce soit au niveau scolaire ou au travail, la pause café est primordiale pour eux, et ils en font de nombreuses tout au long d’une journée.

Proximité de la côte: depuis la capitale, environ deux heures de conduite suffisent pour être à la plage.

Les prix: Mise à part l’essence, les produits technologiques, et certains aliments (importations), les prix sont en général significativement plus abordables comparés à ceux de la France. Exemple: Une grande pizza bien garnie coûte environ 30 HRK, soit 4 €, de même qu’une coupe homme chez le coiffeur.

Les paysages: Notamment en bord de mer, il y a des points de vue absolument splendides !

Les associations étudiantes: Notamment ESN (Erasmus Student Network), même si je n’ai pas beaucoup participé à leurs événements, j’ai constaté qu’ils sont très actifs, et organisent régulièrement des sorties pour les étudiants étrangers. De même que, Zagreb est une ville très étudiante, où des personnes de tout le pays viennent pour étudier car leurs facultés sont considérées comme les meilleures.

La gent féminine: les femmes de l’Est font très attention à leur tenue vestimentaire et sont en général plus féminines que leurs homologues françaises.

Les vins: Et oui la Croatie produit aussi de très bon vins, mes préférés ont été le vin blanc Traminac (producteur Josić) et le vin rouge Plavac Mali. 

Ce que j’ai moins aimé…

Le système scolaire: La notation est loin d’être aussi précise qu’en France. Les notes s’étendent de 1 à 5 comme ceci:

  • 1 = – de 60 % de bonnes réponses,
  • 2 = de 60 à 69 % de bonnes réponses,
  • 3 = de 70 à 79 % de bonnes réponses,
  • 4 = de 80 à 89% de bonnes réponses,
  • 5 = de 90 à 100 % de bonnes réponses.

Ce qui pose problème pour la conversion française, vous avez beau avoir eu 69% de bonnes réponses à l’examen vous avez 2/5. Ce qui correspond à 12/20 en France, alors que réellement 69% = 13,8/20 !

Ensuite, le système est beaucoup plus rigide en ce qui concerne la validation des matières. Vous êtes tenu d’avoir au minimum 2 à chaque examen (12/20). Si vous avez moins, vous allez directement aux « rattrapages » en fin de semestre. Il n’y a pas de moyenne comme en France, où on peut s’autoriser quelques écarts au niveau des matières qui nous plaisent le moins.

Un autre point qui m’a déplu, est la considération hiérarchique du professeur. En Croatie, un professeur est très respecté par les élèves, ce qui laisse la voie libre à certains d’entres-eux à se comporter de façon méprisante auprès de ceux-ci. Ils ont le pouvoir de ne pas valider votre travail si l’envie leur en est. Ou bien, s’il éprouve de la sympathie pour vous, d’augmenter votre note. Les examens ne sont pas anonymes. Ils ont les pleins pouvoirs, et les recours il n’y en a pas vraiment. Bien heureusement, la majorité des professeurs se comporte de manière tout à fait respectable !

Le dernier point que je voudrais évoquer concernant le sujet, c’est le côté beaucoup trop théorique des enseignements. La majorité des professeurs ne sont justement que des professeurs, et n’ont jamais eu de réelles expériences dans leur domaine de recherche. Avoir en face de soi un professionnel expérimenté est primordial pour comprendre la réalité de la matière (ou secteur) que l’on étudie. Les enseignements donnés par la faculté d’économie de Zagreb manquent selon moi d’un côté plus orienté sur la pratique. De même, tout au long du cursus de quatre ans du bachelor degree, les étudiants n’ont pas de stage à faire.

La mentalité: Les croates se plaignent beaucoup, pas moins que les français, de leurs conditions de vie. Difficultés à trouver un emploi, salaires, critiques du système général etc… Ils sont en majorité pessimistes sur l’avenir de leur pays, et rêvent de partir à l’étranger. Cependant, j’ai rarement eu l’impression qu’ils font de réels efforts pour changer la donne. Et en général je n’aime pas trop le fait de penser que si ça va mal, c’est à cause des autres et non le résultat de nos actions/inactions.

La disparité entre les classes sociales: À Zagreb vivent beaucoup de familles très aisées, aux côtés d’autres qui vivent difficilement. Cela est visible un peu partout dans la ville, de différentes façons: habillements/voitures/comportements. Le « m’as tu vu » est très présent dans la culture. Nombreux sont ceux qui vivent endettés pour exhiber leur pouvoir financier.

→ Les prix de la technologie (ordinateurs, smartphones etc.): sensible au high-tech, j’ai été étonné de voir que leur prix est environ 15% supérieur à celui que l’on peut trouver en France ! Donc ne pensez pas venir en Croatie et acheter un iphone moins cher, ce sera le contraire. Aussi, le prix des forfaits téléphoniques, sont bien plus élevés qu’en France si on veut beaucoup de data (internet).

Et après ? 

Après les examens finaux, direction la Suisse pour se refaire une santé financière, donc place au travail pendant tout l’été. Puis, fin août je prendrai mon envol pour Montréal ou je ferais ma cinquième et dernière année d’étude.

Quelques photos 

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J’essayerai de tenir le blog régulièrement à jour, vous faire part de mes aventures, mais aussi écrire des articles sur des sujets intéressants.

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